L’enfance du pli / Sculpture-paysage // Meyrin, Suisse /// 2017

L’enfance du pli / Sculpture-paysage // Meyrin, Suisse /// 2017

Lieu: Meyrin — Commanditaire: Fonds d’Art Contemporain de la Ville de Meyrin — Commande: Projet Artistique Ecole des Boudines, sculpture pérenne — Matériaux: Enrobés bitumineux, gazon et bordure aluminium — Artiste: Gilles Brusset — Période: 2017

© Binocle

L’intervention artistique prend la forme d’une sculpture de sol réalisée avec des matériaux similaires à ceux qui composent le site urbain de Meyrin parc: l’enrobé bitumineux, l’aluminium et le gazon.

 

« L’Enfance du Pli », sculpture-paysage de Gilles Brusset à Meyrin, Suisse – Photographie © Pierre-Yves Brunaud / Picturetank

 

Sculpture-paysage –  En phase avec la simplicité et le caractère élémentaire des matériaux de son contexte, le projet artistique fait surgir des formes extraordinaires au sein du continuum spatial quotidien.

 

« L’Enfance du Pli », sculpture-paysage de Gilles Brusset à Meyrin, Suisse – Photographie © Pierre-Yves Brunaud / Picturetank

L’enrobé noir comme fond de l’oeuvre, matériau sculptural- Épousant les formes du sol, ses qualités de grain et de lumière sont révélées selon les positions de l’observateur et les conditions atmosphériques: Par contraste des ombres et du soleil il devient blanc ou jaune; mouillé il devient miroir et reflète couleurs et lumières du ciel. La texture de sa surface pourra être qualifiée par des intensités de sablages et l’inclusion de granulats spécifiques (roches jurassiennes).

 

L’enfance du pli – chantier en cours – 2016

 

Rencontre de 2 systèmes formels – La forme proposée est composée à partir d’une interprétation plastique des paysages du Jura (tout proche mais invisibles depuis le site ) et des forces qui l’ont engendré (plissement jurassien). Le terrain présentant une déclivité globale de 1,40 m raccordée par 3 allées en rampe et talus afférents, la sculpture-paysage propose d’articuler les niveaux selon une nouvelle figure topographique et plastique. Dans le paysage rectiligne de l’orthogonalité construit par Meyrin-parc et face aux façades planes de l’École des Boudines, la sculpture-paysage surgit tout en courbes et volumes. Un un jeu de plis et replis (plissement)  développe une ligne de contact entre végétal et minéral et fabrique, au sein de l’espace ouvert orthogonal, un horizon enveloppant et courbe. Son orientation, en phase avec le plan urbain de G.Addor et les aménagement de W.Brugger, est celle du grand mouvement topographique du Jura et de la plaine de Genève, sud-ouest / nord-ouest.

Champs – La sculpture-paysage, un jardin dans une sculpture autant qu’une sculpture dans un jardin, est parcourue par les enfants et, à leur échelle, se fait contenant. C’est dans sa relation aux arrière plans orthogonaux des façades des édifices de Meyrin-parc que le jeu des courbes développe ses effets les plus prégnants. Contre-champs – Vue depuis les toits terrasses de l’Ecole ou de la rue des Boudines, elle devient tableau évocateur du monde de l’enfance et des paysages plissés et ondulant du Jura. En tant que maquette d’un site imaginaire du Jura, la sculpture-paysage perçue à distance met en jeu la contemplation et l’imaginaire des observateurs.

Jeux d’échelle – Présentant une hauteur allant jusqu’à 1,20m, la sculpture-paysage agit pour les enfants comme un horizon enveloppant, une jauge de leur taille et de leur âge. Formalisant les forces de la formation du plissement Jurrassien, elle évoque aussi l’échelle temporelle du temps géologique.

 

« L’Enfance du Pli », sculpture-paysage de Gilles Brusset à Meyrin, Suisse – Photographie © Pierre-Yves Brunaud / Picturetank

Le retour du pli topographique – La sculpture paysage intervient sur la masse du sol des espaces extérieurs de l’École des Boudines et restitue de façon exacerbée la plasticité des plissements originels qui ont fabriqués les paysages de la région. Aux montagnes allongées du Jura répond la sculpture allongée, étirée en plissements longitudinaux. Les échelles spatiales et temporelles démesurées de la formation géologique du Jura rencontrent avec la sculpture-paysage l’échelle des enfants.

L’enrobé sensuel – Ondulant, épousant les mouvements du relief de sa surface grainée, l’enrobé devient sculpture. Incurvations convexes et concaves du relief sont révélées par la réception des lumières sur la couleur noire. La matière urbaine par excellence, l’enrobé ou asphalte, devient la matière de l’expression de la géographie, une sculpture topographique dans laquelle on peut circuler, jouer, se lover, se cacher.

La terre sacralisée – La surface végétale n’intervient plus comme surface d’espace libre plus ou moins définie, mais circonscrite et soclée par la matière de l’enrobée, est célébrée pour elle même. La relation du sol vivant (gazon) et du sol inerte (enrobé), est déroulée par la bordure aluminium sur une longueur de 500 mètres linéaires plissés.

 

« L’Enfance du Pli », sculpture-paysage de Gilles Brusset à Meyrin, Suisse – Photographie © Pierre-Yves Brunaud / Picturetank

 

 

 

© Laurent Barlier

 

 

« L’Enfance du Pli », sculpture-paysage de Gilles Brusset à Meyrin, Suisse – Photographie © Pierre-Yves Brunaud / Picturetank

 

« L’Enfance du Pli », sculpture-paysage de Gilles Brusset à Meyrin, Suisse – Photographie © Pierre-Yves Brunaud / Picturetank

 

© Binocle

 

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L’enfance du pli – perspective – 2014

 

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L’enfance du pli – maquette 1/500 – 2014

 

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L’enfance du pli – dessin mine de plomb – 2014

 

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Du proche au lointain, du pli de la courbe à la ligne tendue de l’horizon architectural, le corps et le regard des enfants trouvent des articulations, entrent dans une nouvelle relation avec l’immensité du ciel de MEYRIN-PARC, et au-delà de la vallée de Genève et des massifs du Jura. Le projet artistique exacerbe la relation d’un sol « artificiel » avec un sol « naturel », d’un sol inerte avec un sol vivant, d’un sol minéral avec un sol végétal. A la planéité manifeste des corps de bâtiment de l’ecole répondent les courbes et les volumes de l’enrobé.

L’acte artistique détourne les matériaux de leur usage courant, ce qui inaugure:

– dans un premier temps la surprise de voir le banal et le strictement utilitaire prendre des formes extraordinaires et jouer un rôle nouveau.

– dans un second temps peut être une méditation sur le monde des possibles qui est le nôtre et la fonction éclairante de l’art à ce sujet.

Le surgissement du jeu topographique ondulant de la sculpture au sein de l’espace plan des modernes joue l’effet de contraste et questionne en les rapprochant deux grands mouvements des années 1960 / 1970 : l’un architectural avec la réalisation de l’espace urbain «moderne» et l’autre artistique avec la réalisation d’oeuvres in situ dans les déserts américains, le land art auquel la sculpture fait référence par une mise en jeu, dans sa matérialité et sa composition des formes mêmes du paysage.

 

PHOTOGRAPHIE DU  SITE PRE-EXISTANT……………………………………………………………………………………………………………………………………………

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